Aujourd’hui j’ai choisi de vous écrire un billet sur Internet, les enfants et le contrôle parental. Ce choix n’est pas anodin ! Dans de nombreux échanges avec des amis et des clients, ce sujet se révèle comme une réelle source d’anxiété pour les parents.

Internet, les enfants et le contrôle parental, un sujet délicat ?

D’un côté, Internet, la robotique et les nouvelles technologies se sont imposées comme l’avenir des générations Y et suivantes. Il semble primordial d’apprendre à maîtriser ces technologies au plus vite.
D’un autre côté, Internet est le théâtre de toutes les libertés, les meilleures comme les pires. La robotique et l’intelligence artificielle font partie des scénari préférés des blockbusters des 20 dernières années. Et les nouvelles technologies sont la cible de virus et de hacks dont presque personne ne comprend le fonctionnement.

La question du contrôle parental est donc primordiale et surtout sujette à discussion et opposition. Et pourtant, au risque de ne pas vous surprendre, je suis contre !

C’était la petite phrase choc, si vous n’avez pas décroché, je vais vous expliquer pourquoi ?

Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix
Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix

Ce qui me gène dans l’expression contrôle parental, c’est le mot contrôle. Quand on parle des nouvelles technologies, de la robotique, mais surtout d’Internet, on parle d’espaces de libertés. Et ce contrôle parental et une illusion ! Que vous le vouliez ou non d’une manière ou d’une autre votre enfant sera confronté à des contenus sensibles sur Internet.
On le constate, toutes tentatives de régulation d’Internet par les gouvernements, entreprises et ONG, sont des empilements d’échecs. Prenons un simple exemple qui sera parlant pour tout le monde : Mégaupload. Il aura fallu plusieurs années pour que la plateforme soit fermée. 48 heures après sa fermeture, une dizaine de sites équivalents prenaient le relais…

Il faut également comprendre comment est auto-réguler Internet : la “bonne conscience collective”. Je parle ici de l’immense population silencieuse qui donne de son temps quotidiennement pour “sécuriser” le web. Sur Facebook, par exemple, de nombreuses personnes se donnent pour mission quotidienne de signaler les contenus tendancieux. Des groupements de Hackeurs comme les Anonymous dénoncent régulièrement aux autorités des cellules terroristes, des réseaux pédophiles, etc etc.

l’Internet grand public est une chose et représente des dangers quoi qu’il soit limité par rapport à l’autre Internet. Le Darknet ou Deep Web, c’est une autre affaire, vente de tout ce qui peut être illégal, site de recrutement terroristes, communauté de vampires, etc etc… Toutefois les compétences pour y accéder demanderont à vos enfants des connaissances complexes. Il est pourtant important de savoir qu’il existe, car il n’est pas non plus inaccessible.

Je vous sens en pleine panique rien qu’a l’évocation de ces derniers termes, mais rassurez-vous il y’a une solution !

Alors comment veiller sur nos enfants sur Internet ?

Et bien au risque de vous surprendre là encore, je répondrai : rien, ou presque ! Un seul mot l’apprentissage, mais laissez moi entrer dans les détails du sujet en vous présentant deux points de vue, avant d’en venir à une conclusion.

Internet, les enfants et le contrôle parental  : La gap générationnel

Mettons nous à la place d’un enfant né après l’an 2000. Dès sa naissance, il a l’image de ses parents avec leurs smartphones, la tablette et autres gadgets connectés… Il est entouré d’outils technologiques ! Il faut se rendre à l’évidence : la virtualité n’est plus un monde réservé à une bande de geek. Elle fait partie de l’environnement de notre enfant, comme le bus pour l’école ou notre bon vieux cartable.

Ce monde derrière l’écran était peut-être abstrait pour nous, mais pour lui, il représente déjà une infinité de possibilité. Il s’agit : de la vidéo que maman me montre quand je ne veux pas avaler ma 20éme cuillère de compote ; du jeu auquel mon grand-frère joue à longueur de journée ; de la recette que papa suit pour préparer le repas ; de l’interface de communication que tous les copains utilisent depuis le début du collège, voire la fin de la primaire…

Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix

La génération Z est encore plus communicative que la X et Y. Elle teste et change de pratique beaucoup plus régulièrement, elle a facilement adopté la méthode de l’essai-erreur et l’erreur est devenue moins grave pour elle. Cette forme de consommation des technologies est aussi valable dans bon nombre de domaines ; les loisirs, le travail… Certains l’appellent l’esprit “zapette”. Je dirais plutôt que les possibilités infinies que leur offre leur monde, leur permet de plus facilement se libérer de n’importe quelle contrainte.
Après tout, qui ne ferait pas la même chose ? C’est juste l’histoire de notre espèce, de l’invention de la roue jusqu’au chargeur à induction…

Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix

Grandir c’est explorer : s’explorer soi-même, les autres, son environnement et forcément Internet. Et Internet est tout de même ce qu’il y a de plus facile à explorer parmi tout cela. Pourquoi ? Parce qu’il suffit de trouver les mots-clefs pour trouver des réponses. Internet est un monde ouvert qui peut nous permettre de découvrir, de mieux comprendre et de contrôler tout ce qui nous entoure.

De plus, il suffit à un enfant de regarder faire les autres pour très vite comprendre comment cela fonctionne, et il est vrai que cela peut également être anxiogène. J’ai été bluffé quand ma nièce de 2 ans, qui ne sait ni parler, ni écrire, a ouvert l’application Youtube sur l’Ipad et a tapé les trois premières lettres qui lui ont permis de trouver sa vidéo préférée.

Vous comprenez ainsi mieux pourquoi je parle de gap générationnel ! La vitesse d’adaptation des enfants à ces technologies a de quoi faire peur, même au plus technophile des geeks des générations X et Y. Pour résumer : un enfant ne verra donc pas le danger d’Internet, de la robotique et des nouvelles technologies… Mais bien un potentiel infini, facilement accessible. Et donc plus il sera privé d’Internet, plus il cherchera des solutions pour y accéder.

Et nous les vieux, dans tout ça ?

Revenons à notre point de vue de parent. Notre objectif est de protéger notre enfant des risques d’Internet et des nouvelles technologies notamment. Pornographie, pédophilie, violation de la vie privée, violence verbale ou physique, tout est accessible sur Internet et tout le monde peut prendre part à toutes ces activités en tout anonymat. Alors oui, il y a de quoi avoir peur, car n’importe quelle coquille vide peut vite se faire enlever ou se remplir de choses horribles grâce à Internet.

Mais étant donné que plus nos enfants seront privé de cet espace de liberté, plus ils trouveront des solutions pour le découvrir dans notre dos. Que pouvons nous faire ?

Avouons le : nous sommes largués !

Il faut être clair ! Même si vous faites partie des générations X ou Y, vous n’aviez, dans votre jeunesse, pas accès à autant de technologies et de plateformes que les enfants des années 2000 et 2010.
On avait l’habitude de découvrir régulièrement de nouvelles technologies. Certains ont mis une décennie à avoir un ordinateur, une console ou Internet à la maison. D’autres plusieurs années à accepter d’avoir un smartphone ou un compte Facebook. Même si nous avons grandi en même temps que les technologies, nous avons tout de même été éduqués selon le principe de précaution de nos parents. Et nous appliquons ce principe à toutes les nouveautés que nous rencontrons. Disons le… nous sommes frileux ! Et des nouveautés technologiques nous en rencontrons une par jour aujourd’hui, nous sommes donc de plus en plus frileux…

Alors oui, il y a un vrai gap générationnel. Car nous ne savons pas nous libérer de nos peurs et avancer en toute confiance. Nous sommes obnubilés par la violence que nous percevons au quotidien et nous sentons obligés de nous protéger et de protéger nos enfants de tout cela.

On comprend alors mieux les attitudes de contrôle parental ou de privations technologiques des enfants. Quand on voit l’étendue du risque, on peut effectivement se dire qu’il est plus simple et plus précautionneux de ne pas exposer les enfants à tout cela !
De plus, comme nous-mêmes ne contrôlons pas pleinement Internet, la robotique ou plus généralement les technologies, nous sommes mis en échec. Alors comment défendre un enfant de ce qui nous ne connaissons que très peu ? De ce qui nous fait peur ou représente un risque pour notre intégrité ?

Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix
Agence de communication, KiXiT Consulting, Annecy, Geneve et Chamonix

Le moment ou vous allez me détester

Et bien on continue à ne rien faire, ou presque : l’Apprentissage

Vous l’aurez certainement compris, je suis partisan de la stratégie du “cours, tombe et relève toi”. Il s’agit de responsabiliser l’enfant et de lui faire confiance. De lui donner les clefs pour juger par lui-même ce qui est bien ou mal. Je ne parle pas d’absence parentale ici, mais bien de confiance parentale. Je ne parle pas de parcourir Internet avec son enfant en lui disant “regarde ça c’est bien, ou regarde ça c’est beurk, c’est mal”. Je parle ici de demander à votre enfant ce qu’il pense du contenu qu’il explore. C’est cela responsabiliser, mais pour cela il faut instaurer un dialogue, et faire tomber les taboux.
Vous me direz : “cela dépend de l’âge”. Effectivement, la capacité d’exploration d’un enfant de 5 ans est plus limitée que celle d’un adolescent de 15 ans. Mais, le dialogue reste le même et il n’est pas valable que pour Internet. Prenons la télé. Si vous demandez à un enfant de 7 ans ce qu’il veut regarder, il ne vous répondra pas le JT de TF1. Les enfants ne sont pas d’eux-même demandeurs de ce genre de contenus.

Mais pourtant, votre enfant va, à cause des contenus que vous regardez, être confronté à de la violence, du sexe et à la bêtise humaine plus généralement. C’est donc à ce moment, à vous de le questionner sur l’utilité et la pertinence de tel ou tel contenu. Et votre enfant vous donnera alors peut-être envie de changer de chaîne.
Pour Internet, la problématique est identique. Votre enfant va se retrouver confronté à des contenus inappropriés, par hasard quand il sera petit, par curiosité quand il commencera l’adolescence. Je le répète, vous ne pourrez isoler vos enfants d’Internet. Ils auront forcément des amis et des conversations qui les encourageront à explorer Internet et ce beaucoup plus tôt que vous ne l’imaginez. Internet fait partie de la construction de l’identité sociale des enfants et des adolescents. Ils trouveront toujours une solution pour rester connectés, sous peine d’être exclu socialement par leurs camarades.

Il ne s’agit pas d’un choix. Nous devons leur faire confiance et les responsabiliser quant à leur capacité à décrypter la qualité d’un contenu et de son orientation. Nous ne pouvons plus nous cacher derrières des théories des âges. Il faut dès le plus jeunes âge apprendre à nos enfants à poser leurs questions à Internet et à évaluer la qualité des réponses qu’ils reçoivent.
Enfin, si vous n’avez pas appris à votre enfant à évaluer la pertinence d’un contenu. Appris à savoir si un contenu est adapté à son niveau de développement ou pas. Il y a de fortes chances qu’il ne vous en parle pas, le jour où il sera confronté et désemparé par un contenu inaproprié. Et les conséquences seront bien plus grave si vous n’êtes pas là pour aider votre enfant a ce moment.

Vous n’avez donc plus d’autre choix que de lui faire confiance…

Cela va bien évidemment à l’encontre de toutes les stratégies d’éducation qui érigent les adultes comme guide de l’enfant. Enfant, qui doit suivre aveuglément sans poser de question. Mais c’est également vrai pour nous. Nous avons arrêté de croire sur parole le professeur, le médecin ou encore le curé. Et cela pour une bonne raison ; ils peuvent aussi se tromper ou manquer d’informations. Tout comme un enfant peut également se rendre compte que ses parents se trompent et manquent d’information.
Là est tout le dilemme ; passer du statut du parent décideur et prescripteur au statut de parent orientant et attentif. Laisser les enfants se tromper maintenant sur Internet et avec les nouvelles technologies. Leur apprendre à vous parlez de leurs erreurs, avant que les conséquences de leurs actes ne deviennent grave. Mais surtout rester un référent auprès des enfants pour répondre à leurs questions. Cela pour une bonne et simple raison ; grâce à Internet, les enfants eux aussi se libèrent de leurs contraintes, dont les contraintes parentales. Ils deviennent de plus en plus indépendants, car ils ont accès facilement à la connaissance.

Internet, le contrôle parental et la construction de l’enfant !

J’aimerais finir cet article sur une note joyeuse ! En vous parlant de la beauté d’Internet. Si vous ne la voyez, pas c’est que vous-même, vous n’êtes pas encore assez formé à l’exploration et l’évaluation de contenu. Mais Internet permet à des êtres de tout âge de réaliser des choses fabuleuses. Si vous avez des enfants et adolescents à la maison, vous devez régulièrement entendre parler de Youtubeurs. Au-delà de l’école comme institution indétrônable, des jeunes d’aujourd’hui réussissent parfois leur vie professionnelle avant même d’avoir le Bac. Je ne parle pas uniquement de Youtubeurs, il existe des stars en herbe qui génèrent des revenus colossaux sur toutes les plateformes et dans tous les lycées de France. Ces jeunes qui réussissent en dehors de toutes les voies “normales”, ont appris à utiliser Internet. Ils ont compris qu’ils pouvaient s’épanouir et s’exprimer à leur guise sur le Web. Pour l’énorme majorité de ces stars en herbe, le premier objectif de leur implication sur Internet était de se réaliser autrement. Bref, de s’épanouir, et n’est pas ce que nous voulons tous pour nos enfants ?